Nadar

Gaspard-Félix Tournachon dit NADAR

  À la différence de la plupart de ses prédécesseurs qui ont marqué leur époque, Nadar (1820-1910) n’est passé par aucune école de dessin ou de peinture, il est passé du journalisme à la caricature, puis de la caricature à la photographie. C’est donc largement un autodidacte. Il se lance dans la photographie tardivement (1854). Toutefois, il s’initie au nouvel art  auprès de photographes compétents.  Son expérience de caricaturiste le sensibilise au « trait », qu’il s’agisse du trait du dessin, des traits d’un visage ou du trait de caractère qui rend celui-ci particulier. Il a réalisé une galerie de portraits de tout ce que la France comptait de célébrités, en particulier celles de la littérature et de l’art. Son expérience et son sens de la lumière lui ont permis de saisir cette « ressemblance intime », qu’il appelle aussi l’ «intelligence morale » de ses modèles.

  « La théorie photographique s’apprend en une heure ; les premières notions de pratique, en une journée.

  Ce qui ne s’apprend pas, je vais vous le dire : c’est le sentiment de la lumière – c’est l’appréciation artistique des effets produits par les jours divers et combinés, – c’est l’application de tels ou tels de ces effets selon la nature des physionomies qu’artiste vous avez à reproduire. Ce qui s’apprend beaucoup moins, c’est l’intelligence morale de votre sujet,  – c’est ce tact rapide qui vous met en communion avec le modèle, vous le fait juger et diriger vers ses habitudes, dans ses idées selon son caractère, et vous permet de donner, non pas banalement et au hasard, une indifférente reproduction plastique à la portée du dernier servant de laboratoire, mais la ressemblance la plus familière et la plus favorable, la ressemblance intime. C’est le côté psychologique de la photographie, le mot ne me semble pas trop ambitieux »

La Tribune judiciaire (1857), citée par Peeters (Benoît), Les Métamorphoses de Nadar, Auby-sur-Semois, Marot, 1994

 La leçon vaut toujours, et il faut lire et relire ce qu’il a écrit, mais surtout regarder et regarder encore ses photographies.

 À l’abondance de sa production photographique répond l’abondance des articles et des publications le concernant:

  Il a écrit lui-même ses mémoires. Sa correspondance a été publiée. Les sites concernant sa biographie sont légions. J’en ai retenu deux:

https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/photographie/nadar-genie-du-portrait-legende-de-la-photographie-11143970/

 L’article de Wikipedia sur Nadar est bien documenté, il comporte de nombreux liens, un des plus stimulants concerne ses caricatures. Publié en 1855:

https://books.google.fr/books?id=imwOAAAAQAAJ&dq=BINETTES%20CONTEMPORAINES&pg=PP7#v=onepage&q&f=false

 Les sites avec des reproductions de ses photos:

http://expositions.bnf.fr/les-nadar/l-art-du-portrait.html#le-portrait

et (246 photos reproduites):

https://www.wikiart.org/fr/nadar

  Une vingtaine d’ouvrages sur Nadar ont été publiés en français depuis les années 1960. Le plus récent offre l’avantage d’être un recueil d’articles concernant le photographe à l’époque où il exerçait (la plupart sont de sa main), et de reproduire de façon remarquable plus de 150 photographies: Nadar Mémoires d’un géant (Michel Christolhomme, Delpire 2015)