Diane Arbus

Diane Nemerov, connue sous le pseudonyme de Diane Arbus est une photographe de rue américaine, née le 14 mars 1923 à New York et morte le 26 juillet 1971 à New York. 

Elle reste célèbre pour ses portraits de rue effectués au reflex 6×6 à deux objectifs équipé d’une torche à lampes flash au magnésium de forte puissance, sa photographie des Jumelles identiques et celle de l’Enfant à la grenade dans Central Park

Elle a aussi réalisé un projet sur une communauté de handicapés mentaux. 

Issue d’une famille de commerçants aisés juifs new-yorkaise d’origine russe, Diane Nemerov rencontre son futur mari, Allan Arbus (1918-2013), à l’âge de 14 ans. Celui-ci apprend la photographie lors de son service militaire et ils ouvrent ensemble un magasin de photo de mode après la Seconde Guerre mondiale. En réalité, c’est Allan qui prend les photos, Diane tient le rôle de styliste et démarche auprès des agences. 

Ses premières photos personnelles datent de 1957. Elle s’extrait peu à peu du duo qu’elle formait avec son mari au profit de son inspiration. Le couple se sépare en 1960. 

Elle étudie alors la photographie à la New School for Social Research à New York avec Marvin Israel et Richard Avedon et rencontre par la suite Lisette Model. 

Diane Arbus s’inscrit dans un courant photographique qu’a inauguré un autre grand photographe américain, Walker Evans, qui a imposé un style documentaire et urbain dans les années 1930. Mais c’est après 1962 qu’elle impose son style propre, quand elle abandonne le format rectangulaire du 24×36 pour le format carré du 6×6, avec un Mamiya C330 équipé d’une torche à lampes flash au magnésium de forte puissance (de type Press 25 produisant un million de lumens) fixée à demeure et utilisée systématiquement y compris en plein jour. 

En 1963, elle obtient une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim qui lui permet de réaliser un travail remarquable intitulé « American Rites, Manners and Customs » (les rites de la société américaine), vaste galerie de portraits d’Américains, pour la plupart inconnus, qui met en exergue les rites sociaux de cette société. 

Diane Arbus concentre son activité à New York et ses alentours, photographiant des inconnus dans la rue. Fascinée par les personnages hors-normes, elle photographie également des travestis, des personnes transgenres, des handicapés mentaux, des jumeaux, des personnes de petite taille, etc. 

En 1966, elle contracte une hépatite, qui aurait eu des effets aggravants sur sa dépression et donc son suicide quelques années plus tard 

En mélangeant le familier avec le marginal, Diane Arbus brosse un portrait troublant de l’Amérique des années 1960. Elle s’attache pourtant à montrer que ces personnages étranges et atypiques, d’habitude considérés comme des « phénomènes de foire », sont avant tout des êtres réels, avec des habitudes et un train-train quotidien. Sa méthode de travail s’attache à créer une relation intime et de confiance avec ses modèles, ce qui l’amène aussi à les photographier à nouveau quelques années plus tard. 

Par ses photos, Diane Arbus révèle combien l’étrange peut surgir de n’importe où. La très célèbre photographie Jumelles identiques (Roselle, New Jersey, 1967) met en scène deux fillettes habillées de la même manière (robe en velours à large col blanc) qui regardent le spectateur droit dans les yeux, en souriant légèrement. Le spectateur est mal à l’aise car c’est le concept de l’identité, et plus précisément de l’unicité des êtres humains, qui est remis en question. Stanley Kubrick s’est inspiré de ce cliché pour créer les jumelles du film Shining

En 1967, elle participe à l’exposition « New Documents » qui se tient au musée d’art moderne de New York avec des portraits qui côtoient les vues urbaines de Lee Friedlander et Garry Winogrand. Là encore, son travail apparaît comme un événement qui contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre, se distinguant du reportage. 

Dépressive, elle se donne la mort à 48 ans le 26 juillet 1971 à Greenwich Village en avalant une quantité importante de barbituriques puis en s’ouvrant les veines dans sa baignoire. Sa courte carrière n’aura duré que 8 ans. 

Son influence sur la photographie américaine est considérable. Elle a contribué à imposer l’idée que la photographie est un art à part entière. Elle travaillait en noir et blanc et développait elle-même ses travaux afin de maîtriser complètement le résultat de ses œuvres

Site web : http://www.artnet.fr/artistes/diane-arbus/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *